Yaoundé (Cameroun ) : Les Camerounais accueillent le pape lors de la deuxième étape de sa tournée africaine.

Par Réveil-Africain.Org Avec AFP.

Des foules se sont massées le long des routes pour accueillir le pape Léon XIV au Cameroun mercredi, pour un voyage de trois jours comprenant une visite à l’épicentre d’un conflit séparatiste qui dure depuis près d’une décennie, où il devrait apporter un message de paix.

Après deux jours en Algérie marqués par deux attentats-suicides et une altercation avec le président américain Donald Trump, l’avion du pape a atterri dans la capitale camerounaise Yaoundé peu avant 15h00 heure locale (14h00 GMT), a déclaré un journaliste de l’AFP voyageant à bord de l’avion papal.

En route pour rencontrer le président Paul Biya, qui dirige ce pays majoritairement francophone depuis 1982, le pape, né aux États-Unis, a béni la foule de fidèles massée le long du parcours depuis une voiture décapotable.

Des milliers de personnes, certaines jouant de la musique, chantant et dansant, s’étaient déjà rassemblées sous un soleil de plomb aux abords de l’aéroport pour accueillir son arrivée.

« C’est un tel soulagement que le pape vienne nous voir, car il y a tellement de problèmes dans ce pays », a déclaré Hélène Ebogo, 19 ans, à l’AFP devant l’aéroport.

Dans ce pays d’Afrique centrale où plus d’un tiers des quelque 30 millions d’habitants sont catholiques, l’Église joue un rôle de médiation clé et gère un vaste réseau d’hôpitaux, d’écoles et d’organismes caritatifs.

Des affiches, des banderoles et des drapeaux ornaient la ville en l’honneur de la visite du pape, la quatrième d’un pape et la première depuis celle de Benoît XVI en 2009.

La rencontre de Leo avec Biya, 93 ans, le plus vieux chef d’État du monde, a divisé les catholiques du pays.

Des membres du clergé ont exprimé leurs craintes que cela ne permette à Biya d’améliorer son image, six mois après la répression violente des manifestations contre sa réélection contestée pour un huitième mandat.

Le pape, âgé de 70 ans, visitera plus tard un orphelinat catholique et tiendra une réunion privée avec des évêques camerounais.

« Conflit séparatiste »

Jeudi, il effectuera une visite sous haute sécurité dans une zone de conflit où des séparatistes anglophones combattent l’armée. « Nous espérons que dès qu’il posera le pied sur le sol camerounais, la guerre cessera », a déclaré à l’AFP Bénédicte Belinka, vêtue d’une tunique à l’effigie du pape. Ces violences ont fait des civils la cible de meurtres et d’enlèvements.

Plus tôt cette semaine, des groupes séparatistes ont annoncé une trêve de trois jours à compter de mercredi afin de permettre cette visite hautement symbolique dans la région anglophone de l’ouest, où vit près d’un cinquième de la population.

Le pape prononcera un discours et célébrera une messe à Bamenda, principale ville du pays et épicentre du conflit qui a éclaté après la répression des manifestations de 2016 par les autorités.

La répression a engendré une rupture totale entre l’armée et les séparatistes anglophones, rupture qui n’est toujours pas résolue.

D’après les organisations de défense des droits humains, ces violences avaient causé plus de 6 000 morts en 2024.

« Alors que le pape pose le pied sur le sol de Bamenda, nous devrions avoir la paix. Tous les meurtres, les enlèvements doivent cesser », a déclaré à l’AFP Giovanni Mbuna, 36 ans, enlevé par des séparatistes en 2023.

« Heureux les artisans de paix » :

L’archevêque de Bamenda, Andrew Nkea, a exprimé l’espoir que cette visite contribuera à ramener la paix dans la région. « La visite du pape adoucira le cœur des extrémistes afin que nous puissions trouver un terrain d’entente et parvenir à une solution pacifique », a déclaré Nkea.

Vendredi, Leo célébrera une messe pour des centaines de milliers de personnes dans un stade de Douala, la capitale économique du pays. Il quitte le Cameroun pour l’Angola samedi.

Son séjour en Algérie a été marqué par un double attentat-suicide survenu lundi dans la ville de Blida, au sud-ouest de la capitale Alger. Les autorités n’ont pas encore fait de commentaire, mais une source bien informée a confirmé les attentats à la bombe, qui ne seraient pas liés à la présence du pape dans ce pays majoritairement musulman. Aucun décès n’a été confirmé, hormis ceux des auteurs des attentats.

La première tournée internationale de Leo a d’abord risqué d’être éclipsée par les propos de Trump, qui avait déclaré ne pas être un grand fan du pape après que le pontife américain eut appelé à la paix au Moyen-Orient.

Le vice-président américain JD Vance a également pris position, exhortant le Vatican à « s’en tenir aux questions de moralité… et à laisser le président des États-Unis s’en tenir à la dictée de la politique publique américaine ». Léon a balayé les railleries d’un revers de main, déclarant aux journalistes à bord de l’avion papal alors qu’il se rendait à Alger lundi : « L’Évangile dit… heureux les artisans de paix. »

« Je n’ai peur ni de l’administration Trump, ni de proclamer haut et fort le message de l’Évangile », a-t-il poursuivi.

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