Conakry (Guinée) /Canicule du pouvoir, c’est un doyen qui se raconte. Ibrahima Sampiring Diallo (Par Ousmane BANGOURA).

Celui, de près et de loin, qui a vu la Guinée se former, se déformer et se transformer tant socialement que politiquement.

D’abord la Guinée française dont il égraine les souvenirs avec une mémoire fraîche, presque mesquine. Cette époque-là qui lui a donné ses premiers rudiments de sciences.

Ensuite la Guinée Démocratique, Révolutionnaire et populaire. La Révolution dont il décrit la globalité et la multiformité avec finesse et art. Mais avec peine aussi.

Et enfin, cette Guinée multipartite portée par le CMRN avec son cortège d’espoir et de désespoir.

Si, comme moi, vous êtes habitués à côtoyer les anciens qui se racontent sous les manguiers, dans les cafés… alors ces 298 pages ne vous dépayseront pas.

C’est une plume qui ne s’est pas voulue spectaculaire. L’auteur, comme soucieux et pressé de tout raconter, a gardé ses colonnes factuelles. Des événements se suivent souvent sans aucun lien les uns avec les autres.

Ni la forme, ni le fond n’embrouille le lecteur, peu importe son niveau. C’est digeste. Comme le diraient les journalistes.

En se racontant, Ibrahima Sampiring brise le silence sur certains pas précieux de notre histoire commune très souvent problématique.

Mais quoi de bon qu’un témoin qui décide de « tout dire » ?

L’architecture de l’administration coloniale, la Révolution et ses complots, ses réformes, ses propres hommes « mangés », le Multipartisme et ses aléas…

C’est une version des faits d’un fonctionnaire de l’État qui a fait le tour de la Guinée. Celui qui est du nombre des tout premiers enseignants après le retrait brusque de la France.

Prof de français, membre de la JRDA, Directeur Préfectoral de la jeunesse… Ibrahima Sampiring a apporté sa part à l’édifice historique de la Guinée en léguant ce livre.

Un regard de plus, une version de plus. Tant mieux, c’est la Guinée qui gagne.

Comme l’a écrit le préfacier Laurent Correau : « C’est ce croisement des regards qui pourra conduire à un récit historique véritablement polyphonique ».

Cette contribution livresque, c’est aussi quelques légères coquilles qui n’affectent pas considérablement le contenu, mais qui, pour moi restent impardonnables quand ça vient des Éditions Gandal.

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