Kampala (Ouganda ) : l’opposant Kizza Besigye à nouveau hospitalisé après un malaise au tribunal.
Le leader de l’opposition ougandaise Kizza Besigye, dont la détention depuis novembre 2024 suscite une forte indignation, a été à nouveau hospitalisé, a affirmé son épouse après qu’il a eu un malaise mercredi au tribunal.
M. Besigye, 69 ans, un ancien médecin personnel du président ougandais Yoweri Museveni au pouvoir depuis plus de 40 ans, est dans le collimateur du gouvernement de Kampala depuis son ralliement à l’opposition il y a plus de 25 ans.
Enlevé en novembre 2024 lors d’un déplacement au Kenya, il était réapparu en Ouganda, traduit devant une cour martiale pour « trahison » car accusé d’avoir ourdi un complot contre M. Museveni, avant que la plus haute juridiction du pays n’ordonne qu’il soit jugé au civil.
Mercredi, il venait de refuser, visiblement courroucé, les avocats que lui a désigné l’Etat ougandais après l’arrestation de ses deux défenseurs — pour le premier, Erias Lukwago, un ancien maire de Kampala et déclaré persona non grata en Ouganda; pour la seconde, Martha Karua, une ancienne ministre kényane — quand il s’est écroulé au tribunal, a constaté l’AFP.
Kizza Besigye « a été emmené à l’hôpital de Mulago », une structure publique, a écrit sur X son épouse Winnie Byanyima, la directrice exécutive de l’Onusida. Son médecin personnel « craint pour sa vie », a-t-elle poursuivi.
Kizza Besigye a « insisté sur le fait qu’il ne voulait pas être traité dans un hôpital du gouvernement », a-t-elle affirmé, car « il ne fait confiance à aucune institution sous contrôle » du président Museveni ou de son fils Muhoozi Kainerugaba, l’actuel chef des armées, et dauphin désigné de son père.
C’est la troisième fois que l’opposant est hospitalisé depuis qu’il a été placé en détention. En février 2025, il l’avait rapidement été après une grève de la faim, puis l’avait été à nouveau, brièvement, en janvier dernier.
Winnie Byanyima, qui avait alors déploré la déshydratation sévère dont souffrait son mari, avait dénoncé en juin 2025 ses conditions de détention « inhumaines », « dans un cellule minuscule » et surpeuplée, où il est « attaqué par des punaises de lit ».
Elle avait également dénoncé un « complot pour tuer » M. Besigye de la part du président ougandais.
L’Ouganda connaît une répression politique croissante ces derniers mois, l’armée ayant arrêté des figures de l’opposition et des avocats et fait fermer un mois durant le principal groupe de médias indépendant du pays, finalement autorisé à rouvrir mardi.
Avec AFP.
Partagez














Laisser un commentaire