Stockholm (Suède) : Macron conclut un accord de 4,9 milliards de dollars pour l’acquisition de frégates françaises en Suède.
Le président Emmanuel Macron a supervisé lundi la signature d’un accord de 4,3 milliards d’euros (4,9 milliards de dollars) permettant à la Suède d’acheter quatre frégates françaises, alors que Paris et Stockholm cherchent à renforcer leur coopération dans un contexte de menaces russes croissantes.
La Suède s’efforce de renforcer ses défenses après l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022, le pays nordique devenant membre de l’OTAN deux ans plus tard.
Macron et le Premier ministre suédois Ulf Kristersson ont supervisé la signature du contrat à bord de la frégate française Amiral Ronarc’h, amarrée à Stockholm.
« Nous scellons un partenariat stratégique majeur, réciproque, respectueux et ambitieux », a déclaré Macron.
« Cela démontre la force et l’importance de ce pilier européen de la défense et combien la coopération franco-suédoise en devient une composante essentielle », a ajouté le dirigeant français.
Les alliés européens de l’OTAN s’inquiètent de l’engagement fluctuant de Washington envers la défense de l’Europe sous la présidence américaine de Donald Trump, alors que la guerre entre la Russie et l’Ukraine s’enlise dans sa cinquième année.
Macron et Kristersson ont souligné la nécessité d’une plus grande autonomie européenne en matière de défense.
« Chacun sait désormais qu’en Europe, nous devons assumer une plus grande responsabilité en matière de sécurité », a déclaré Kristersson.
« Le pilier européen de l’OTAN continue de se renforcer. »
Les quatre frégates seront équipées de missiles intercepteurs de défense aérienne Aster 30 et éventuellement de missiles de croisière navals pour des frappes à longue portée, a déclaré Macron.
« Voies de coopération » :
La Suède apportera son soutien à un programme de dissuasion nucléaire mené par Paris afin de renforcer la sécurité sur le continent, a ajouté Macron.
En mars, Macron a dévoilé un programme en vertu duquel la France, seul pays de l’Union européenne doté de l’arme nucléaire, utiliserait son arsenal atomique pour protéger ses alliés, dont la Suède.
Les deux pays ont tenu leur première réunion sur la coopération nucléaire à Paris en avril.
« Les travaux se poursuivent et s’intensifient », a déclaré l’Élysée, sans fournir davantage de détails.
La Suède a annoncé en mai son intention d’acquérir quatre frégates de défense et d’intervention auprès du constructeur naval français Naval Group, la première frégate devant être livrée en 2030.
La France et la Suède, qui disposent toutes deux d’industries de défense robustes, ont exprimé le souhait de renforcer la base industrielle de défense européenne face à la domination écrasante des États-Unis au sein de l’OTAN.
L’objectif est de créer « un écosystème de défense européen plus résilient dans le temps, plus indépendant, plus compétitif et qui permette à l’Europe d’être pleinement souveraine », a déclaré Macron.
Cela pourrait notamment impliquer des programmes conjoints d’avions de chasse suite à l’échec du projet franco-allemand de Système de combat aérien du futur (FCAS), a indiqué l’Élysée vendredi.
« Il existe de nombreuses pistes de coopération possibles », a ajouté la présidence française, citant notamment les capacités de production de moteurs d’avions de la France.
Cette acquisition de frégates fait suite à l’achat, en décembre, par la France, de deux avions de détection et de contrôle aéroportés GlobalEye auprès du géant suédois de la défense Saab pour plus d’un milliard d’euros.
La ministre française des Armées, Catherine Vautrin, et son homologue suédois, Pärl Jonson, ont également signé un accord-cadre visant à renforcer la coopération en matière de défense.
Avec AFP.
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