Bamako (Mali) : Des djihadistes attaquent un camp militaire stratégique dans le centre du Mali.
Des djihadistes ont attaqué jeudi une base stratégique de l’armée malienne dans la région centrale de Mopti, ont indiqué à l’AFP des sources militaires et locales.
Depuis fin avril, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), lié à Al-Qaïda, et ses alliés séparatistes touaregs ont mené une série d’attaques destinées à affaiblir la junte dirigeante du pays.
Les forces armées maliennes ont déclaré dans un communiqué que l’attaque avait été menée contre le camp militaire de Dioura.
Des combats ont éclaté jeudi matin aux alentours de la base militaire, qui sert de base avancée clé pour les opérations de l’armée dans la région.
« Nos positions ont essuyé des tirs ce matin, mais la situation est désormais sous contrôle grâce au soutien de nos partenaires », a déclaré à l’AFP un officier de l’armée basé à Mopti, faisant référence aux combattants paramilitaires du Corps africain soutenus par Moscou.
Des habitants locaux contactés par l’AFP ont fait état de violents combats et d’une situation chaotique sur le terrain.
« Nous avons entendu des coups de feu tôt le matin, c’était incessant. Puis, quelques instants plus tard, nous avons vu des pick-ups de l’armée quitter le camp à toute vitesse en direction de la périphérie de la ville », a déclaré un habitant sous couvert d’anonymat.
Un autre habitant a rapporté que les assaillants se trouvaient « à l’intérieur du camp » et qu’un avion malien avait été aperçu survolant la zone, tout en précisant que la situation « n’est pas totalement calme ».
Le directeur du service des relations publiques militaires a qualifié les attaques de « complexes », mais a déclaré que l’armée était « parvenue à détruire l’ennemi ».
Un officier de l’armée basé à Mopti a déclaré à l’AFP qu’aucun bilan des victimes n’était encore disponible et que des évaluations étaient en cours sur le terrain.
Le JNIM a rapidement revendiqué sur ses canaux de communication le « contrôle total d’une caserne de l’armée malienne dans la ville de Dioura ».
Le camp militaire de Dioura a été attaqué à plusieurs reprises ces dernières années par des djihadistes du JNIM et le Front de libération de l’Azawad (FLA), un groupe séparatiste touareg.
Le Mali est en proie depuis 2012 à une grave crise sécuritaire, alimentée notamment par la violence de djihadistes affiliés à Al-Qaïda ou au groupe État islamique, ainsi que par des bandes criminelles et des séparatistes armés.
La junte au pouvoir, arrivée à la suite de deux coups d’État successifs en 2020 et 2021, s’est détournée de l’ancienne puissance coloniale française et s’est rapprochée de la Russie, tant sur le plan militaire que politique.
Avec AFP.
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