Dakar (Sénégal) : le chef de la majorité, Sonko, dénonce le choix d’une institution du G20 pour juguler la dette.
Par Réveil-Africain.Org Avec AFP.
Ousmane Sonko, opposant et chef de la majorité parlementaire au Sénégal, a déclaré lundi le recours à une institution du G20 pour juguler l’énorme dette publique du pays ouest-africain, prédisant des mesures qui seront, selon lui, durablement ressenties par la population.
Le Sénégal est confronté à une dette qui atteignait 132% de son produit intérieur brut (PIB) fin 2024, dont une partie a été cachée par l’ex-gouvernement sous le président Macky Sall (2012-2024).
Dakar a conclu le 1er septembre un accord de financement avec le Fonds monétaire international (FMI) en vue de la mise en place d’un programme d’aide de 2,2 milliards de dollars (1,96 milliards d’euros) sur 36 mois pour assainir les finances publiques du pays.
Parallèlement à l’accord avec le FMI, le gouvernement a annoncé un Plan de traitement de la dette du Sénégal (PTDS) qui doit être mis en œuvre via le Cadre commun du G20 pour la dette souveraine, une table ronde informelle regroupant les déficits, tant publics que privés, et les pays endettés.
Ce mécanisme, mis en place par les pays les plus riches du monde en 2020, vise à aider les pays en difficulté à annuler une partie de leurs dettes, sous conditions strictes.
« Le Sénégal n’avait pas besoin d’aller au G20 pour une simple opération de reprofilage de la dette. Il n’avait pas besoin d’être un cobaye pour cette initiative du G20 », a déclaré lundi à la presse le président de l’Assemblée nationale sénégalaise, Ousmane Sonko.
Il a indiqué qu’avec cette option, des « conditionnalités » ont été « imposées » au Sénégal. Celles-ci se propose, selon lui, dans les documents budgétaires pour 2027 que le gouvernement du président Bassirou Diomaye Faye, son ex-allié, soumis à l’Assemblée qui devra les examiner prochainement.
Dans ces prévisions budgétaires, le gouvernement « a procédé à une baisse drastique des budgets à vocation sociale » et de l’investissement, a dit M. Sonko, citant notamment l’éducation, l’emploi, la formation et les subventions des prix de l’électricité et des produits pétroliers.
« C’est un budget d’économies pour payer des dettes qui ont été cachées aux Sénégalais. Nous ne pouvons pas l’accepter », a-t-il lancé, fustigeant une nouvelle fois le FMI comme « complice de la dette cachée ».
« C’est inacceptable pour (le parti) Pastef. Si c’est maintenu tel quel, nous rejetons (le budget 2027). S’il ya blocage, ce serait la responsabilité exclusive de l’exécutif, mais nous sommes ouverts au dialogue », a ajouté M. Sonko, chef du Pastef, majoritaire à l’Assemblée.
Le Premier ministre sénégalais, Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô, avait début septembre exclu tout « ajustement sauvage » imposé au pays et toute mesure impactant négativement les secteurs sociaux, après l’accord avec le FMI.
M. Lô a remplacé en mai M. Sonko, limogé par le président Faye après plusieurs mois de divergences.
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