Caire (Egypte) : la Banque centrale relève ses taux, une première depuis 2024.

Par Réveil-Africain.Org Avec AFP.

La Banque centrale d’Égypte a relevé ses taux jeudi pour la première fois depuis mars 2024, pour contrer les pressions inflationnistes liées à la hausse des prix de l’énergie depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

L’institution monétaire « a décidé de relever ses taux directeurs de 100 points de base », faisant passer le taux de dépôt à 21% et le taux principal à 20,5%, selon un communiqué, citant « un contexte extérieur difficile et de fortes incertitudes ».

Selon les données officielles, l’inflation a atteint 14% sur un an en octobre, contre 13% en septembre.

Ce pays le plus peuplé du monde arabe ploie sous une forte dette extérieure et est aux prises avec une grave crise économique, alimentée par la flambée des cours du pétrole alors qu’il est largement dépendant des importations pour répondre à ses besoins énergétiques.

L’Égypte est par ailleurs confrontée à une baisse des revenus du canal de Suez, une source essentielle de devises étrangères, des armateurs se détournant de cette voie en raison des menaces des Houthis pro-iraniens du Yémen.

En septembre, son chef de la diplomatie, Badr Abdelatty, avait chiffré ces pertes à 11 milliards de dollars depuis les premières attaques en 2023 des combattants contre des navires commerciaux, déclenchées en marge de la guerre dans la bande de Gaza.

La situation pourrait encore s’aggraver avec la prise de contrôle par les Houthis du détroit de Bab el-Mandeb, qui verrouille au sud l’accès à la mer Rouge.

Dans ce contexte, la monnaie égyptienne a atteint en début de semaine un plus bas historique, s’échangeant à 56 livres pour un dollar.

Et dimanche, la Bourse avait dû suspendre les échanges pendant une demi-heure après une forte chute, provoquée par des ventes massives d’actions de la part d’investisseurs locaux et étrangers, dans l’attente d’un vote du Parlement sur un soutien militaire défensif à l’Arabie saoudite, en guerre contre les Houthis.

La décision a finalement été approuvée – une « déclaration de guerre » selon les combattants soutenus par l’Iran.

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