Ouagadougou (Burkina Faso) : une ex-ministre condamnée à cinq ans ferme pour détournement de fonds publics.
Par Réveil-Africain.Org Avec AFP.
Une ancienne ministre de l’Action humanitaire du Burkina Faso a été condamnée vendredi à cinq ans de prison ferme pour détournement de fonds publics, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux, selon une décision de justice consultée par l’AFP.
Ce jugement fait suite à un précédent procès au terme duquel quatre fonctionnaires du même ministère avaient été condamnés, fin 2024, à des peines d’emprisonnement pour avoir détourné des fonds en imitant des signatures sur plusieurs centaines de chèques du Trésor public.
Estimés à 2,8 milliards de francs CFA (4,2 millions d’euros), ces fonds devaient servir à la prise en charge des personnes vulnérables ou affectées par les violences jihadistes qui ensanglantent le pays.
Les fonctionnaires avaient toutefois contesté les montants présentés par le procureur, dénonçant des supérieurs hiérarchiques, dont l’ex-ministre de l’Action humanitaire Laure Zongo Hien, qui selon eux avaient aussi bénéficié des fonds détournés.
Vendredi, Mme Zongo Hien a été condamnée par le tribunal de grande instance de Ouagadougou à cinq ans de prison ferme pour détournement de fonds publics, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux, portant sur 35 millions de francs CFA (53.000 euros), indique la décision de justice.
Jugé à ses côtés, l’ancien directeur de la gestion des finances du ministère, Yé Yaké Camille, a été reconnu coupable des mêmes faits, mais sur des montants bien supérieurs. Il a été condamné à 11 ans d’emprisonnement et une amende de 462 millions de francs CFA (705.000 euros).
Deux autres collaborateurs ont respectivement été condamnés à cinq ans ferme et 15 mois de prison avec sursis dans ce dossier.
Tous ont 15 jours pour faire appel, et le tribunal a émis un mandat d’arrêt contre l’ex-ministre Laure Zongo Hien, absente lors du jugement pour des raisons de santé, selon son conseil.
Le chef du régime militaire, le capitaine Ibrahim Traoré, arrivé au pouvoir par un coup d’État en septembre 2022, a dit faire de la lutte contre les jihadistes, la corruption et la mal-gouvernance ses priorités.
Mais le pays continue de subir, depuis 2015, les violences de groupes armés affiliés aux jihadistes d’Al-Qaïda et de l’organisation État islamique sur de larges pans de son territoire.
Le Burkina compte plus de deux millions de déplacés internes.
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