Conakry (Guinée) : Tribune : Pour une subvention des traitements antidiabétiques essentiels en Guinée.

Selon l’International Diabetes Federation (IDF, Diabetes Atlas 2025), plus de 589 millions d’adultes vivent avec le diabète dans le monde, avec une projection dépassant 850 millions d’ici 2050.
Environ 4 adultes sur 5 atteints vivent dans des pays à revenu faible ou intermédiaire, où l’accès aux traitements essentiels demeure limité et inégal.

En Guinée plus de 244 000 d’adultes vivent avec le diabète, dont une prévalence estimée à 4,6 % chez les adultes (20–79 ans). C’est qui dénote une forte progression au cours des dernières décennies.

Bien que, ces estimations reposent sur des modèles extrapolés régionaux et probablement sous-estiment la chiffres réelle, en raison du
faible taux de diagnostique. Car il est établi que 1 adultes sur 2 vivant avec le diabète ne serait pas connus.

En plus de sa prévalence croissante, le diabète est associé à un lourd fardeau social et économique.

Malgré les avancées thérapeutiques majeures à l’échelle mondiale, l’accès
aux traitements essentiels du diabète demeure fortement limité pour une grande partie de la population guinéenne. Les insulines, indispensables à la survie des patients atteints de diabète de type 1 et à de nombreux patients de type 2 insulinorequérants, ainsi que les antidiabétiques oraux essentiels, restent financièrement inaccessibles pour de nombreux ménages.

Dans la pratique quotidienne, les conséquences de ces barrières sont dramatiques. Les interruptions de traitement et la mauvaise observance thérapeutique conduisent à une augmentation des complications aiguës et chroniques tels que : acidocétose diabétique, insuffisance rénale chronique, rétinopathie sévère, neuropathies invalidantes et amputations.

Ces complications, pourtant largement évitables, traduisent une faille structurelle dans l’organisation de la prise en charge du diabète.

Face à cette situation, il devient impératif de repenser la politique d’accès aux traitements du diabète en Guinée.
Nous appelons les autorités sanitaires, les décideurs publics ainsi que les partenaires techniques et financiers à envisager :
1- La subvention effective des insulines essentielles (humaines et analogues)
2- L’inclusion des antidiabétiques oraux essentiels dans les mécanismes de couverture sanitaire
3- La sécurisation de la chaîne d’approvisionnement en médicaments antidiabétiques
4- Le renforcement des programmes nationaux de lutte contre le diabète.

Garantir l’accès aux traitements essentiels du diabète est aujourd’hui une nécessité car le droit à la santé ne peut être effectif sans accès aux traitements vitaux.

Dr Ibrahima Sory Barry, Résident en Endocrinologie Diabetologie et Nutrition/ Dakar

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