Nairobi (Kenya) : Un média éthiopien affirme que son rédacteur en chef a été enlevé et agressé.

Par Réveil-Africain.Org Avec AFP.

Des agents de sécurité éthiopiens ont enlevé, agressé et détenu le rédacteur en chef du média indépendant Addis Standard, a indiqué la publication jeudi, dernier signe en date d’une dégradation du climat pour la presse.

Addis Standard, un média imprimé et en ligne, est l’une des rares plateformes médiatiques indépendantes d’Éthiopie, avec près d’un million d’abonnés sur X.

Jakenn Publishing Plc, la société qui en est propriétaire, a dénoncé une série d’actes d’intimidation, notamment l’enlèvement du rédacteur en chef Yonas Kedir, la saisie de son matériel et un ordre d’expulsion de ses locaux.

« Le samedi 1er août 2026 au soir, Yonas Kedir… a déclaré avoir été enlevé par des agents de sécurité, agressé physiquement et détenu pendant environ 24 heures, tout en étant soumis à un interrogatoire prolongé », a indiqué la société.

« Deux individus en civil… m’ont violemment agressé », a relaté Yonas dans une déclaration écrite.

« Ils m’ont frappé et m’ont embarqué de force dans une camionnette double cabine. »

« Ils m’ont accusé de “trahir le pays” », a-t-il déclaré.

Des organisations de défense des droits humains accusent les autorités éthiopiennes de violations répétées de la liberté de la presse.

En février, ils ont révoqué la licence d’Addis Standard, l’accusant de « multiples violations de l’éthique et de la législation journalistiques » et d’avoir « porté atteinte aux intérêts nationaux ».

La publication conteste ces accusations.

« Lorsqu’ils m’ont enlevé le bandeau, j’ai constaté que le véhicule portait des plaques d’immatriculation militaires », a déclaré Yonas après avoir été ramené chez lui.

Le lendemain, Addis Standard a signalé une embuscade dans ses locaux par une « équipe lourdement armée de personnel de sécurité et de renseignement », qui a confisqué du matériel multimédia.

Finalement, lundi, le propriétaire de l’immeuble qui abritait Addis Standard depuis 16 ans a émis un avis ordonnant au magasin de « quitter les lieux dans un délai de trois jours », a indiqué la publication.

Il a été allégué que le propriétaire avait été « contraint par la police ».

« Cette succession d’événements soulève de profondes inquiétudes quant à la capacité des médias indépendants à opérer librement, sans intimidation ni ingérence illégale, et quant à l’existence même de l’état de droit », conclut le rapport.

L’Éthiopie se classe 148e sur 180 pays en matière de liberté de la presse, selon l’organisation de défense des médias Reporters sans frontières (RSF).

Cinq journalistes sont actuellement en détention.

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