Addis Abeba (Ethiopie) : fin des combats entre forces fédérales et rebelles dans le nord, calme précaire.

Par Réveil-Africain.Org Avec AFP.

Un calme précaire après plusieurs heures d’affrontements armés: les combats qui ont opposé dans le nord de l’Ethiopie les forces fédérales aux rebelles du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) ont pris fin samedi, ont affirmé dimanche à l’AFP des sources locale et sécuritaire.

Des affrontements armés au Tigré qui ont impliqué de l’artillerie lourde et des drones à Shererina, près de la frontière avec le Soudan, ont débuté samedi vers 06H00 et « ont pris fin vers 17H00 », a affirmé un membre du TPLF, qui a requis l’anonymat.

« Il y a une désescalade », a affirmé cette source, sans donner de bilan de victimes.

L’information a été confirmée par une source sécuritaire, qui a également requis l’anonymat.

Samedi, le TPLF, qui a été radié de la liste des partis politiques mais reste très influent dans la région, avait accusé les autorités fédérales d’avoir « intensifié ses actions destructrices pour les porter à un niveau supérieur » avant de dénoncer une « vaste offensive d’infanterie ».

Les autorités fédérales n’ont pour l’heure pas réagi aux accusations d’avoir lancé les hostilités, ni que ses troupes soient impliquées.

L’AFP n’a pas été en mesure de vérifier de manière indépendante ces informations, ni d’identifier les forces en présence sur place, alors que les combats se déroulent au Tigré occidental, zone contestée et gérée par des nationalistes de l’Etat régional voisin de l’Amhara, où des milices sont présentes.

Malgré la fin des combats, « nous nous faisons toujours face », a également affirmé le membre du TPLF.

« Troupes massées à la frontière »

Depuis plusieurs mois, des forces fédérales et tigréennes sont massées à la frontière du Tigré, région septentrionale de l’Ethiopie, alors que les deux parties, qui entretiennent des relations exécrables, s’accusent mutuellement de vouloir déclencher un nouveau conflit.

Ce regain de tensions fait planer le risque d’une nouvelle guerre, moins de quatre ans après la fin d’un sanglant conflit qui a opposé le TPLF aux forces fédérales, appuyées par des milices locales et l’armée érythréenne, et a fait au moins 600.000 morts, selon une estimation de l’Union africaine.

Un accord de paix signé à Pretoria en novembre 2022 avait réussi à faire taire les armes, mais des points clés, comme le retour des personnes déplacées – qui sont encore plusieurs centaines de milliers – ou le désarmement du TPLF, n’ont jamais été respectés.

Les relations entre les autorités d’Addis Abeba et le TPLF, sont depuis plusieurs mois acrimonieuses.

Les autorités fédérales accusent le TPLF de s’être rapproché de l’Erythrée voisine, qui entretient aujourd’hui des relations exécrables avec Addis Abeba.

Après avoir nié tout lien avec Asmara, le numéro 2 du TPLF, Amanuel Assefa, a affirmé à l’AFP avoir noué des liens avec « tous ceux qui combattent le gouvernement fédéral », sans donner plus de détails.

Selon des témoignages obtenus par l’ONG Human Rights Watch et par l’AFP, les autorités rebelles tigréennes ont recours depuis plusieurs mois à des enrôlements de force.

Le TPLF a dirigé l’Ethiopie durant près de 30 ans, avant d’être contesté puis marginalisé à l’arrivée au pouvoir du Premier ministre Abiy Ahmed en 2018, réélu en juin pour un nouveau mandat.

Fin 2025, de premiers affrontements directs ont opposé les forces tigréennes aux autorités fédérales, qui ont également procédé à plusieurs tirs de drone dans la région.

Les autorités fédérales ont également procédé à plusieurs frappes de drone dans la région.

Fin avril, le TPLF a rétabli un Parlement local jugé illégitime par Addis Abeba, remettant directement en cause l’autorité du gouvernement fédéral. Le Tigré est aujourd’hui exsangue financièrement, les autorités ayant coupé les subventions fédérales.

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