Lomé (Togo ) : Le Togo affirme détenir des preuves « sérieuses » contre les cinéastes français arrêtés.

Par Réveil-Africain.Org Avec AFP.

Le gouvernement togolais a déclaré samedi détenir des « preuves sérieuses et corroborantes » contre deux documentaristes français arrêtés le mois dernier dans ce pays d’Afrique de l’Ouest, en compagnie de leur guide togolais.

Les trois hommes sont détenus pour avoir fait de « fausses déclarations ».

L’organisation de défense des médias Reporters sans frontières (RSF) a appelé cette semaine à la libération immédiate des trois personnes et s’est dite « alarmée » par le maintien de leur détention.

Les familles des deux Français, Gaël Mocaer et Sébastien Pérez Pezzani, ont déclaré dans un communiqué de RSF être « dévastées » par l’incarcération de ces derniers.

Les ministères de la Justice et de la Sécurité du Togo ont déclaré samedi dans un communiqué conjoint que l’équipe de tournage du documentaire, arrêtée le 27 juillet, avait utilisé un drone dans des zones que les autorités considèrent comme sensibles en raison de la menace d’attaques djihadistes.

Mocaer et Pezzani, accompagnés de leur fixeur Fred Vedomey, réalisaient un documentaire pour France Télévisions.

RSF a indiqué que Pezzani souffrait de graves problèmes de santé nécessitant un traitement urgent.

Un médecin togolais l’avait averti qu’il risquait de développer une septicémie, selon Patrice Lucchini, directeur de leur société Tony Comiti Productions.

Lucchini avait déclaré que les cinéastes avaient pleinement respecté les règles de travail en vigueur dans ce pays d’Afrique de l’Ouest, ajoutant que le duo avait obtenu les permis de tournage et déclaré son matériel aux douanes.

Le Togo, petit pays côtier d’Afrique de l’Ouest dirigé par le président Faure Gnassingbé depuis 2005, se classe 97e sur 180 pays dans l’indice de liberté de la presse de RSF.

Depuis fin 2021, l’extrême nord du pays est en proie à des incursions de djihadistes basés de l’autre côté de la frontière, au Burkina Faso.

En juin de l’année dernière, les autorités togolaises ont suspendu les émissions des chaînes françaises RFI et France 24 pour diffusion présumée d’informations « inexactes et partiales » suite aux manifestations antigouvernementales qui ont secoué le pays ce mois-là.

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