Dakar (Sénégal) : Le Premier ministre sénégalais affirme que la rhétorique xénophobe doit cesser.

Par Réveil-Africain.Org Avec AFP.

Le Premier ministre sénégalais a dénoncé mardi la montée des discours xénophobes dans le pays, tout en appelant les étrangers à respecter scrupuleusement la réglementation en matière de séjour.

Le mois dernier, des ONG, dont Amnesty International Sénégal, ont constaté une recrudescence des discours xénophobes dans les médias et sur les réseaux sociaux, et ont exhorté le pays à prendre des mesures.

D’autres organisations ont également dénoncé récemment les menaces d’intimidation circulant en ligne à l’encontre de la communauté guinéenne, qui vit et travaille au Sénégal depuis des décennies.

Ces derniers mois, la rhétorique xénophobe s’est intensifiée sur le continent africain, notamment en Afrique du Sud, où des manifestations anti-migrants ont fait des morts et contraint des dizaines de milliers de travailleurs étrangers à quitter leur pays.

S’adressant à l’Assemblée nationale pour présenter son programme gouvernemental, le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Mohamed Lo a déclaré que le Sénégal « ne peut pas être un pays ouvert, avec des citoyens vivant partout dans le monde… tout en laissant prospérer ici une rhétorique xénophobe ».

Il a ajouté que ce genre de rhétorique est contraire aux valeurs et aux coutumes du Sénégal.

« Nous sommes tous d’origine métissée. Nous avons tous des proches dans toute la sous-région. Mettons fin à cette stigmatisation, elle ne nous fait pas honneur », a-t-il déclaré.

Il a toutefois ajouté qu’il était « urgent » que les étrangers au Sénégal respectent les règles régissant leur séjour.

Il a également annoncé son intention de renforcer les contrôles aux frontières en modernisant les systèmes électroniques existants.

Le ministre de l’Intérieur, Mouhamadou Makhtar Cissé, a également condamné à la fin du mois dernier la montée des discours xénophobes dans le pays.

À la mi-août, lors d’un débat à l’Assemblée nationale, le député nationaliste Tahirou Sarr a déclaré que les Sénégalais subissaient une injustice « dans plusieurs quartiers de Dakar » causée par un « afflux de mendiants étrangers ».

Il a également accusé les étrangers de se livrer à des activités criminelles et à la prostitution.

Au Kenya, le président a récemment appelé les citoyens étrangers qui gèrent de petites entreprises à fermer leurs portes, ce qui a provoqué la panique dans certaines communautés.

Mardi, les autorités du pays ont donné aux travailleurs étrangers 90 jours pour régulariser leur statut avant que les règles d’immigration ne soient « fermement appliquées ».

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