Bamako (Mali ) : un journaliste condamné à deux ans de prison pour des propos sur Kidal.
Par Réveil-Africain.Org Avec AFP.
Le journaliste et directeur de publication du quotidien malien « Le Témoin », Abderhamane Keïta, a été condamné lundi à deux ans de prison ferme par le Pôle national de lutte contre la cybercriminalité, a constaté un correspondant de l’AFP.
Placé sous mandat de dépôt le 9 juin dernier, M. Keïta était notamment poursuivi pour « délit à caractère régionaliste tendant à porter atteinte à l’unité nationale et au crédit de l’État » et pour « publication et diffusion d’ fausses ou trompeuses » par l’intermédiaire d’un système d’information.
Abderhamane Keïta avait comparé le 7 septembre devant le Pôle national de lutte contre la cybercriminalité. Le verdict a été annoncé ce lundi.
« Nous allons faire appel », a commenté l’AFP un de ses avocats après le prononcé du verdict.
Le journaliste était poursuivi à la suite de proposition tenue sur le plateau de l’émission « Grand Jury », de Renouveau TV, consacré à la situation sécuritaire au Mali.
Au cours de cette émission, le journaliste avait notamment déclaré que « Kidal est administré par Iyad », en référence à Iyad Ag Ghali, le chef du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, principal groupe jihadiste qui lutte actuellement contre la junte au pouvoir au Mali après deux coups d’État, en 2020 et 2021.
Depuis 2012, le Mali fait face à une profonde crise sécuritaire, nourrie notamment par les violences de groupes jihadistes, de leurs alliés indépendantistes touareg du Front de libération de l’Azawad (FLA) et de groupes criminels communautaires.
Le pays est plongé dans une situation sécuritaire encore plus critique depuis fin avril 2026. Les jihadistes du JNIM alliés à la rébellion de la FLA avaient alors lancé une série d’attaques coordonnées contre les positions stratégiques de la junte et de l’armée dans plusieurs villes, y compris aux abords de Bamako, la capitale.
Ces attaques ont notamment conduit à la perte du contrôle de Kidal, ville stratégique du nord Mali, au profit de la FLA et de ses alliés jihadistes. Un véritable camouflage pour les militaires au pouvoir.
Ces dernières années, la réunion a pris de nombreuses mesures répressives contre la presse et les voix critiques, illustrées par l’emprisonnement des journalistes Chahana Takiou et Youssouf Sissoko, ou la suspension temporaire de la chaîne privée Joliba TV News.
Les autorités ont également dissipé les partis politiques et interdit les activités à caractère politique des associations.
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