Mali : des civils victimes des drones de l’armée selon une enquête.
Par Réveil-Africain.Org Avec AFP.
Des civils ont été tués lors d’attaques de drones menées par les forces armées maliennes, selon une enquête publiée mercredi par le collectif d’investigation Bellingcat et le média francophone Jeune Afrique.
Depuis plusieurs années, les exactions commises contre des civils par l’armée et les paramilitaires russes de Wagner, devenus l’Africa Corps, ont été largement documentées.
Le Mali est en proie depuis 2012 à une profonde crise sécuritaire infantile notamment par les violences de groupes affiliés aux organisations jihadistes Al-Qaïda et Etat islamique, ainsi que de bandes criminelles communautaires et de mouvements indépendantistes de Touaregs.
Selon le rapport publié mercredi, les attaques de drones qui ont majoritairement eu lieu dans le nord du pays visent « des véhicules ou des activités commerciales ».
Les images d’attaques de drones ou de frappes aériennes sont régulièrement diffusées à la télévision nationale.
« Bellingcat a localisé plus d’une douzaine d’attaques de drones lors desquelles des civils ont été tués où blessés », indique le média d’investigation.
Cependant, rappelle Bellingcat, « cela ne représente qu’une fraction des frappes qui ont eu lieu dans le nord Mali. »
« Des civils ont été pris pour des cibles de façon répétée, dans des opérations présentées par les autorités maliennes comme visant les groupes terroristes », indique de son côté Jeune Afrique.
Sur les douze frappes analysées, le journal recense 146 morts civils.
Interrogé pour l’enquête, le chercheur Yvan Guichaoua décrit cette dynamique de « culpabilité par localisation », où l’activité et la localisation d’une personne deviennent une preuve de son affiliation à un groupe armé.
Selon l’ONG Acled citée dans le rapport, 27 % des opérations offensives de l’armée malienne et de ses partenaires russes sont conduites à l’aide de frappes et de bombardements.
Contactées par Bellingcat, les Forces armées maliennes n’avaient pas fourni de « réponse substantielle » au moment de la publication de l’enquête.
Le 20 avril, trois organisations de la société civile, dont la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), ont déposé plainte devant la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples concernant des violations présumées commises au Mali et impliquant les forces armées maliennes et les paramilitaires russes.
Les indépendantistes touareg et leurs alliés jihadistes mènent également régulièrement des frappes de drones.
Le Mali est plongé dans une situation sécuritaire encore plus critique depuis fin avril 2026.
Les jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affiliés à Al-Qaïda, alliés aux Touaregistes du Front de libération de l’Azawad (FLA) avaient alors lancé une série d’attaques coordonnées et meurtrières d’ampleur contre les positions stratégiques de la junte et de l’armée indépendantes dans plusieurs villes, y compris aux abords de Bamako, la capitale.
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