Conakry (Guinée) PLAIDOYER POUR UNE RÉFORME PROFONDE DU BACCALAURÉAT EN GUINÉE (Par N’Valy Condé, Consultant International en Éducation, certifié par l’Institut Polytechnique de Marrakech (Maroc).

Pour une école plus cohérente, plus moderne et mieux adaptée aux réalités de notre temps.

Depuis quelques années, la Guinée a engagé plusieurs réformes dans le domaine de l’éducation et de l’enseignement supérieur. L’introduction du système LMD dans les universités a profondément transformé le paysage universitaire guinéen. De nouvelles filières sont apparues : informatique, intelligence artificielle, communication, finance, marketing, audiovisuel, environnement, logistique, tourisme, sciences politiques, entrepreneuriat, entre autres.

image-38-1024x682 Conakry (Guinée) PLAIDOYER POUR UNE RÉFORME PROFONDE DU BACCALAURÉAT EN GUINÉE (Par N’Valy Condé, Consultant International en Éducation, certifié par l’Institut Polytechnique de Marrakech (Maroc).

Mais lorsqu’on observe attentivement le fonctionnement de notre système éducatif, une difficulté majeure apparaît : il existe aujourd’hui une véritable rupture entre l’enseignement pré-universitaire et l’enseignement supérieur.
En principe, l’université devrait être le prolongement naturel du lycée. Autrement dit, le pré-universitaire devrait progressivement préparer l’élève aux spécialités qu’il retrouvera plus tard à l’université. Malheureusement, ce n’est pas toujours le cas chez nous.

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Aujourd’hui, beaucoup d’élèves découvrent réellement leur domaine de formation seulement après l’obtention du baccalauréat. Certains étudiants s’inscrivent en informatique sans avoir été initiés aux sciences numériques au lycée. D’autres arrivent en communication, en marketing ou en sciences politiques sans préparation préalable dans ces domaines. Cette situation crée souvent des difficultés d’adaptation, des erreurs d’orientation et parfois même des abandons universitaires.

Le problème ne vient pas forcément des étudiants. Il résulte surtout du fait que notre système de baccalauréat reste encore très limité par rapport aux nouvelles réalités universitaires et professionnelles.

Pendant longtemps, notre pays a fonctionné essentiellement avec quelques grandes séries générales. Ce système a formé de nombreux cadres compétents et mérite du respect. Mais le monde a évolué. Les besoins du XXIᵉ siècle ne sont plus les mêmes que ceux d’hier.
Aujourd’hui, les économies modernes reposent sur :

a- la technologie ;
b- le numérique ;
c- la spécialisation ;
d- l’innovation ;
e- la recherche ;
f- les compétences professionnelles.

Nos élèves ont également des profils différents. Certains ont des aptitudes dans les sciences, d’autres dans les langues, l’économie, les arts, la communication, les technologies ou les métiers techniques. L’école doit donc être capable d’accompagner cette diversité des talents.
C’est pourquoi je pense qu’il devient nécessaire d’engager une réforme profonde du baccalauréat guinéen à travers la diversification des séries et filières.

La Guinée pourrait progressivement évoluer vers plusieurs types de baccalauréat adaptés aux réalités actuelles de l’université et du marché de l’emploi.

Nous pourrions ainsi avoir :

1- Baccalauréat Langues, Arts et Civilisations (BAC A)
Cette série préparerait les élèves aux domaines liés :
́
a- aux langues ;
b- à la traduction ;
c- aux arts ;
d- au tourisme ;
e- à la communication culturelle ;
f- à la diplomatie culturelle.

2- Baccalauréat Sciences Sociales et Humaines (BAC B1)
Cette filière concernerait :

a- le droit ;
b- la sociologie ;
c- les sciences politiques ;
d- l’histoire ;
e- la géographie ;
f- la philosophie ;
g- le journalisme.

3- Baccalauréat Sciences Économiques et de Gestion (BAC B2)
Cette série préparerait davantage :

a- à la finance ;
b- à la banque ;
c- à la comptabilité ;
d- au marketing ;
e- au management ;
f- à la gestion des entreprises;

4- Baccalauréat Sciences Mathématiques et Numériques (BAC D)
Cette filière serait orientée vers :

a- les mathématiques ;
b- l’informatique ;
c- les statistiques ;
d- l’intelligence artificielle ;
e- les sciences des données ;
f- l’ingénierie numérique.

5- Baccalauréat Sciences Expérimentales et Biomédicales (BAC C)
Cette série préparerait :

a- à la médecine ;
b- à la pharmacie ;
c- à la biologie ;
d- aux laboratoires ;
e- aux recherches biomédicales.

6- Baccalauréat Sciences et Technologies Industrielles (BAC E)
Cette filière concernerait :

a- le génie civil ;
b- l’électricité ;
c- l’électronique ;
d- la mécanique ;
e- les technologies industrielles.

7- Baccalauréat Informatique et Intelligence Artificielle (BAC F1).

Cette série permettrait une préparation progressive :
a- à la programmation ;
b- aux réseaux ;
c- à la cybersécurité ;
d- au développement logiciel ;
e- à l’intelligence artificielle.

8- Baccalauréat Communication, Médias et Audiovisuel (BAC F2)

Cette filière préparerait :
a- au journalisme ;
b- aux médias ;
c- à l’audiovisuel ;
d- à la communication digitale ;
e- au cinéma ;
f- à la publicité.
9- Baccalauréat Agriculture, Environnement et Développement Durable (BAC F3)

Cette série concernerait :
a- l’agriculture moderne ;
b- l’environnement ;
c- l’agroalimentaire ;
d- les ressources naturelles ;
e- le développement durable.

10- Baccalauréat Hôtellerie, Tourisme et Services (BAC F4)

Cette filière préparerait :
a- à l’hôtellerie ;
b- à la restauration ;
c- au tourisme ;
d- aux métiers de services.

11- Baccalauréat Professionnel et Entrepreneuriat (BAC F5)

Cette série serait orientée vers :
a- les métiers professionnels ;
b- l’entrepreneuriat ;
c- la gestion des projets ;
d- l’innovation économique.

Une telle réforme permettrait non seulement de moderniser le système éducatif guinéen, mais aussi de mieux préparer les élèves aux réalités universitaires et professionnelles.
Elle réduirait les erreurs d’orientation, renforcerait les compétences des apprenants et rapprocherait enfin l’enseignement pré-universitaire de l’enseignement supérieur.

Aujourd’hui, la Guinée a besoin :

a- d’ingénieurs ;
b- de médecins ;
c- de chercheurs ;
d- de spécialistes du numérique ;
e- de techniciens ;
f- d’économistes ;
g- de communicateurs ;
h- d’entrepreneurs.

Former ces compétences suppose nécessairement une école plus diversifiée, plus spécialisée et plus adaptée aux besoins du pays.

La réforme du baccalauréat ne doit donc plus être perçue comme une simple question administrative. Elle constitue désormais un enjeu stratégique pour l’avenir de l’éducation guinéenne et du développement national.

Réformer intelligemment le lycée aujourd’hui, c’est préparer la Guinée de demain.

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