Conakry (Guinée) : Les Guinéens ont voté sans engouement aux législatives et municipales.
Par Réveil-Africain.Org Avec AFP.
Les Guinéens ont voté dimanche sans engouement, a constaté l’AFP, pour des élections législatives et municipales boycottées par l’opposition marquant une nouvelle étape vers un retour à l’ordre constitutionnel depuis un coup d’Etat en 2021, dans un contexte de sévères restrictions des libertés.
Les autorités ont repoussé la fermeture des bureaux de vote à 19H30 (locale et GMT) au lieu de 18H et le dépouillement était en cours dimanche soir, après une journée marquée par une faible participation dans les centres de vote visités par des journalistes de l’AFP à Conakry et à Labé (centre), et selon des observateurs à travers le pays.
Quelque 6.9 millions d’électeurs étaient appelés aux urnes lors de ces élections que les principaux partis d’opposition ont appelé à boycotter, dans ce pays d’Afrique de l’Ouest dirigé d’une main de fer par le président Mamadi Doumbouya.
Les Guinéens doivent notamment élire leurs 147 députés qui devraient largement émaner de la mouvance présidentielle en l’absence des principaux partis d’opposition, dissous en mars dernier par le gouvernement guinéen.
« Je ne sais même pas pour qui voter », a confié à l’AFP Mariatou Diallo, 18 ans, venue déposer son bulletin pour la première fois de sa vie en banlieue de Conakry.
Le collectif des Forces Vives de Guinée, regroupant les principaux partis d’opposition et des organisations de la société civile, a appelé à boycotter cette « mascarade électorale » qui instaure « une nouvelle dictature ».
L’un d’entre eux, le Frondeg (Front démocratique de Guinée), arrivé deuxième à la présidentielle avec 6,59% des voix, a dénoncé l’agression d’un de ses candidats à la députation à Mamou (centre). Abdoulaye Bademba Diallo a été « violemment agressé » dans un restaurant samedi soir « par deux individus cagoulés arrivés à moto », a annoncé dimanche son parti.
La participation est un des enjeux de ces scrutins, quelques jours après la grande fête musulmane de la Tabaski lors de laquelle les Guinéens se retrouvent en famille.
Il faudra attendre les élections sénatoriales pour parachever le retour à l’ordre constitutionnel.
Le général Mamadi Doumbouya a été élu président pour un mandat de sept ans le 28 décembre dernier après avoir pris le pouvoir par la force en septembre 2021. Il a été élu malgré sa promesse initiale de rendre le pouvoir à des civils au terme d’une période de transition. Ce scrutin présidentiel taillé pour lui s’est tenu sans adversaire d’envergure.
Depuis sa prise de pouvoir, plusieurs partis politiques ont été suspendus, les manifestations – interdites depuis 2022 – sont réprimées et de nombreux dirigeants de l’opposition et de la société civile ont été arrêtés, condamnés ou poussés à l’exil.
Les disparitions forcées et enlèvements des voix dissidentes et de leurs proches se sont également multipliés.
Dans une note d’analyse, l’Institut d’Etudes et de Sécurité, un groupe de réflexion africain, s’inquiète du « risque » que des « structures politiques » soient « dominées par une seule force, avec pour conséquences un affaiblissement des contre-pouvoirs et une dégradation de la qualité de la démocratie. »
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