New Delhi (Inde ) : la Chambre basse adopte un projet de loi contre la fraude aux examens.
Par Réveil-Africain.Org Avec AFP.
La Chambre basse du Parlement indien a adopté mercredi un projet de loi visant à durcir les sanctions contre les auteurs de fraudes aux examens en réponse à la fronde étudiante qui a agité le pays.
Ce texte, voté à main levée à l’issue de plusieurs heures de débats houleux au Parlement, double la peine maximale encourue pour les personnes impliquées dans des fuites de sujets, de cinq à dix ans de prison, et des amendes pouvant dépasser un million de dollars (880.000 euros).
Cette adoption intervient quatre jours après la démission du ministre de l’Education après plusieurs semaines de contestation menée par les étudiants et orchestrée dans les rues de New Delhi par le « Parti du peuple des cafards » (CJP), un mouvement créé sur les réseaux sociaux, qui ont conduit à la démission samedi du ministre de l’Education.
La colère étudiante est née de fraudes massives lors d’un concours national d’entrée en médecine organisé en mai, auquel plus de 2 millions de candidats s’étaient présentés. Selon les médias locaux, le scandale aurait contribué au suicide d’une vingtaine d’étudiants.
La crise politique qui a suivi est la plus sérieuse affrontée par le Premier ministre Narendra Modi depuis sa réélection en 2024 pour un troisième mandat de cinq ans à la tête du pays.
Le chef de l’opposition, Rahul Gandhi, du parti du Congrès, a dit comprendre la frustration des jeunes indiens à l’encontre du système éducatif du pays.
« Ce n’était pas de la colère… ce n’était pas de la haine, c’était l’expression profonde de la jeunesse de ce pays, de la future génération de ce pays, et je pense que tous les partis politiques doivent respecter cette expression », a-t-il déclaré dans un discours devant la Chambre.
Le projet de loi doit encore être approuvé par la Chambre haute, où la coalition au pouvoir de Narendra Modi est majoritaire.
« Ces changements visent à durcir la loi et à garantir une justice rapide », avait expliqué mardi le ministre de la Science Jitendra Singh en présentant son projet de loi à la Chambre basse.
Il s’agit de « rétablir et de renforcer la crédibilité de ces examens », avait-il ajouté.
L’opposition au gouvernement, qui s’est rangée aux côtés des contestataires et a dénoncé la répression brutale d’une manifestation de jeunes dans la capitale le 20 juillet, a également fustigé l’incapacité du gouvernement à empêcher les fraudes.
Malgré une croissance économique rapide, des millions de jeunes Indiens peinent chaque année à trouver un emploi, mêmes bardés de diplômes.
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