Addis-Abeba (Éthiopie ) : Recrudescence des affrontements entre les forces armées fédérales et les insurgés tigréens.

La situation sécuritaire dans le nord de l’Éthiopie connaît une détérioration rapide avec la reprise des affrontements armés entre les forces fédérales éthiopiennes et les rebelles de la région du Tigré. Cette reprise des hostilités brise une période de trêve et ravive les craintes d’un retour à un conflit à grande échelle dans une région déjà profondément meurtrie par deux années de guerre civile.

Le conflit initial, qui s’est déroulé entre le 3 novembre 2020 et le 3 novembre 2022, opposait le gouvernement fédéral éthiopien au Front de libération du peuple du Tigré (FLPT). Cette guerre particulièrement meurtrière avait fait des milliers de victimes, entraîné le déplacement de millions de personnes et provoqué une crise humanitaire majeure marquée par des menaces de famine.

Bien qu’un accord de cessation des hostilités ait été signé à Pretoria en novembre 2022, les tensions sont restées latentes. Au cours des derniers mois, les frictions politiques et les contestations territoriales, notamment impliquant des milices des régions voisines comme l’Amhara et l’Afar, ont entraîné une escalade progressive des tensions jusqu’aux récents affrontements.

Les deux camps se rejettent mutuellement la responsabilité de cette nouvelle flambée de violence. Les autorités fédérales et certains anciens dirigeants régionaux accusent les factions radicales du TPLF de mobiliser la population en vue d’une confrontation inévitable et de maintenir des structures militaires au lieu de finaliser le processus de désarmement convenu. De leur côté, les forces tigréennes et leurs alliés affirment agir en réaction à des offensives ou des provocations menées par l’armée fédérale et ses soutiens.

Par ailleurs, l’émergence de nouveaux groupes dissidents, tels que la Force de paix du Tigré (FPT), complique davantage la situation en menant des attaques dans les zones frontalières, notamment en Afar, ce qui fragilise encore plus l’application concrète des accords de paix.

Face à ce regain de violence, la communauté internationale et l’Union africaine expriment leur vive inquiétude. Des appels pressants au dialogue et à la cessation immédiate des hostilités ont été lancés afin d’éviter que la Corne de l’Afrique ne replonge dans une instabilité majeure et que l’acheminement de l’aide humanitaire d’urgence aux populations civiles ne soit de nouveau totalement interrompu.

Avec AFP.

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