Madrid (Espagne) /Ceuta : Normalisation progressive à Ceuta après une crise migratoire d’une ampleur inédite dit le ministre espagnol de l’Intérieur.

La situation dans l’enclave espagnole de Ceuta est « quasiment » revenue à la normale et « presque » tous les migrants arrivés ces derniers jours sont rentrés au Maroc, a annoncé samedi le ministre espagnol de l’Intérieur. Fernando Grande-Marlaska, lors d’un point-presse depuis Ceuta, a précisé que bien que la crise ne puisse pas encore être considérée comme totalement terminée, l’évolution de la situation est particulièrement significative. En l’espace de quelques heures, l’enclave de près de 84 000 habitants a fait face à un afflux sans précédent de près de 60 000 migrants, ce qui représente environ 70 % de sa population locale.

Face à la saturation complète des infrastructures d’accueil de la ville autonome, une grande partie des personnes entrées clandestinement a choisi de rebrousser chemin volontairement, évoquant le manque de places d’hébergement. Selon les chiffres fournis par le ministère espagnol de l’Intérieur, entre 48 000 et 50 000 migrants sont déjà retournés au Maroc. Malheureusement, cette vague migratoire a été marquée par un lourd bilan humain. Les autorités déplorent entre 34 et 57 décès, la majorité des victimes ayant péri par noyade en tentant de contourner à la nage les digues frontalières depuis la ville marocaine de Fnideq.

Sur le plan politique, le Premier ministre Pedro Sánchez, qui s’est rendu sur les lieux, a fermement qualifié ces franchissements massifs de la frontière d’« attaque » et de « violation de l’intégrité territoriale de l’Espagne ». De son côté, le ministère de l’Intérieur a attribué cette crise soudaine à l’action de réseaux de trafic de personnes. Ces organisations criminelles auraient instrumentalisé un arrêt de la Cour suprême datant du 8 juillet, lequel interdit les retours à chaud pour les personnes arrivant à la nage à Ceuta et Melilla. De fausses rumeurs faisant état d’une prétendue ouverture de la frontière, largement propagées sur les réseaux sociaux, ont également amplifié la ruée de milliers de jeunes migrants.

Cette crise a suscité de vives inquiétudes et des réactions contrastées chez les partenaires européens de l’Espagne, où le sujet de l’immigration demeure particulièrement sensible. Alors que la France a réaffirmé sa solidarité avec Madrid et indiqué vouloir renforcer le contrôle à la frontière, l’Italie a suspendu l’accord de Schengen avec l’Espagne en raison de cet afflux massif. 

Pendant ce temps, le gouvernement espagnol souligne que les autorités marocaines collaborent activement afin de gérer la situation et de procéder au transfert, dans les plus brefs délais, des personnes entrées illégalement.

Avec AFP.

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