Bissau (Guinée-Bissau): appels à la Cedeao pour un retour rapide à l’ordre constitutionnel.
Par Réveil-Africain.Org Avec AFP.
D’anciens dirigeants africains, diplomates, universitaires et acteurs de la société civile ont appelé la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) à prendre une « initiative urgente » pour favoriser le retour à l’ordre constitutionnel en Guinée-Bissau, dans une lettre ouverte publiée samedi soir.
La Guinée-Bissau est dirigée depuis le 26 novembre 2025, veille de l’annonce prévue des résultats provisoires des élections présidentielle et législatives, par des militaires qui ont renversé le président sortant Umaro Sissoco Embalo et suspendu le processus électoral.
La junte au pouvoir est censée organiser le 6 décembre des élections présidentielle et législatives, qui doivent acter le retour au pouvoir des civils.
Lors de son récent sommet à Freetown en juillet, la Cedeao a appelé les militaires au pouvoir « à accorder la priorité à l’inclusivité dans tous les processus menant à un rétablissement rapide de l’ordre constitutionnel », et a officiellement désigné le Sénégal comme médiateur pour conduire le dialogue dans le pays.
Le Sénégal assure actuellement les deux principales fonctions dirigeantes à la Cedeao, avec le président Bassirou Diomaye Faye à la présidence en exercice de l’organisation et Birame Diop à la tête de sa Commission.
« Ces orientations doivent maintenant être traduites en résultats concrets », ont appelé samedi soir une vingtaine d’anciens dirigeants africains, diplomates, universitaires et acteurs de la société civile dans une lettre ouverte adressée à la Cedeao et publiée dans la presse sénégalaise.
Parmi les signataires de ce texte, intitulé « Pour une initiative urgente en faveur du rétablissement de l’ordre constitutionnel en Guinée-Bissau », figurent notamment les anciens Premiers ministres bissau-guinéens Aristides Gomes et Geraldo Martins, l’ancien président cap-verdien Pedro Pires, l’ancien ministre sénégalais des Affaires étrangères Cheikh Tidiane Gadio ou le défenseur des droits humains Alioune Tine.
A deux mois de la présidentielle annoncée par la junte, ses auteurs appellent l’organisation ouest-africaine à « établir un calendrier politique crédible, assorti de garanties concrètes en matière de libertés publiques, de pluralisme, de participation de toutes les forces politiques et d’indépendance et de transparence de l’administration électorale. »
Ils demandent également à la Cedeao de maintenir la possibilité de « sanctions individuelles et ciblées » contre les responsables civils ou militaires qui feraient obstacle à ce processus.
Les auteurs de la lettre soulignent également les « controverses » entourant le référendum constitutionnel du 30 août, organisé par la junte pour passer à un régime présidentiel fort pour remplacer le système semi-parlementaire, évoquant notamment l’absence d’observation internationale indépendante ainsi que des interrogations sur le taux de participation.
Jeudi les militaires au pouvoir ont déclaré que les « conditions de sécurité » n’étaient « pour le moment » pas réunies pour « garantir le retour » de Umaro Sissoco Embalo, qui a annoncé son intention de se présenter à la présidentielle de décembre.
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