Conakry (Guinée) / Financement des investissements : Mory Kaba plaide pour une mobilisation des ressources nationales.

Lors de la toute première séance plénière de la 10ᵉ législature, l’honorable Mory Kaba a fortement insisté sur l’urgence pour l’État guinéen de bâtir sa propre souveraineté financière. Il a souligné la nécessité d’accroître la capacité nationale à mobiliser des investissements en s’appuyant en priorité sur les leviers économiques locaux, notamment le secteur bancaire national, les compagnies d’assurances guinéennes et les acteurs majeurs du secteur privé local. Selon lui, cette autonomie financière est indispensable pour financer les grands projets d’infrastructure et soutenir un développement durable sans dépendre exclusivement des capitaux extérieurs.

« Les Émiratis, ils ont réfléchi et ils ont utilisé leur mindset (leur capacité de réflexion) en construisant des raffineries chez eux, puis ils viennent chez nous négocier notre bauxite pour aller la transformer en aluminium et en alumine.

Je crois que nous pouvons faire la même chose. Parce que, même si nous construisons dix mille raffineries ici, il faut comprendre une chose : ce n’est ni la localisation géographique de la raffinerie qui est importante, ni les montants générés, mais à qui appartient cet argent.

Cela veut tout simplement dire que tant que ces richesses ne bénéficient pas suffisamment à l’État guinéen, nos objectifs resteront toujours sombres et noyés d’angoisse.

C’est pourquoi il serait très important que nous puissions mettre en place des mécanismes, avec beaucoup de réflexion, pour penser l’ensemble de ces politiques publiques, surtout en les inscrivant dans une véritable vision stratégique. Il faut réfléchir au-delà du cadre habituel.

À chaque fois, on nous fait comprendre que le meilleur modèle économique est le modèle libéral, dans lequel l’État se désengage de toutes les activités économiques. Or, le monde actuel et son évolution nous ont montré que de nombreux États qui se sont développés disposent d’unités de production qui leur appartiennent. Cela leur permet de générer des revenus directs, de garantir la valeur ajoutée sur leurs ressources extractives et de faire face à leurs obligations régaliennes et sociales.

«Il faut que la Guinée s’inscrive pleinement dans cette lignée. »

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