Niger: le journaliste Moussa Kaka est victime d’une « disparition forcée », dénonce HRW.
Le journaliste Moussa Kaka, porté disparu puis déclaré détenu au Niger, est victime d’une « disparition forcée », a dénoncé jeudi l’ONG Human Rights Watch (HRW) qui exige que les autorités révèlent son lieu de détention.
Le Niger est dirigé depuis 2023 par un régime militaire issu d’un coup d’Etat, régulièrement accusé par des ONG de répression, notamment d’atteintes à la liberté de la presse.
Le sort de M. Kaka, 66 ans et directeur d’une télévision privée, suscite de nombreuses inquiétudes depuis sa disparition le 31 août, quelques jours après une mutinerie qui avait secoué la capitale Niamey et que le régime militaire avait finalement déjouée avec l’aide déterminante de son allié russe.
Début octobre, l’ONG Reporters sans frontières (RSF) avait affirmé, citant le ministre nigérien de la Justice Alio Daouda, que Moussa Kaka était « en vie et détenu par les autorités », sans connaître son lieu de détention.
« Les autorités nigériennes devraient d’urgence révéler où se trouve l’éminent journaliste Moussa Kaka, victime d’une disparition forcée il y a deux mois », a estimé HRW jeudi dans un communiqué.
Selon les Nations Unies, une disparition forcée est « l’arrestation, la détention, l’enlèvement ou toute autre forme de privation de liberté commise par des agents de l’État ou par des personnes ou des groupes de personnes qui agissent avec l’autorisation, l’appui ou l’acquiescement de l’État ».
Cet acte est « suivi du déni de la reconnaissance de la privation de liberté ou de la dissimulation du sort réservé à la personne disparue ou du lieu où elle se trouve, la soustrayant à la protection de la loi », affirme l’ONU.
HRW soulève que « la disparition forcée expose les victimes à un risque accru de torture et d’exécution extrajudiciaire ».
Le Niger doit également « garantir » la sécurité de Moussa Kaka « et le libérer, à moins qu’il n’ait été inculpé d’une infraction pénale avérée », ajoute par ailleurs l’ONG.
Moussa Kaka est le directeur de Radio Télévision Saraounia (RTS) un média audiovisuel privé, et a été pendant de longues années le correspondant de Radio France Internationale (RFI), média suspendu par la junte qui mène depuis son arrivée au pouvoir une politique ouvertement hostile à la France.
Plusieurs organisations de journalistes et de défense des droits humains ont dénoncé sa disparition puis sa détention et appelé à sa libération.
Son cas « met en lumière les inquiétudes croissantes concernant la liberté de la presse et la répression politique au Niger », note HRW.
Avec AFP.
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