Côte d’Ivoire : série d’arrestations au principal parti d’opposition.

Trois responsables de la jeunesse du principal parti d’opposition ivoirien ont été interpellés et placés en garde à vue mardi pour « troubles à l’ordre public », à moins de quatre mois de l’élection présidentielle, a-t-on appris de l’AFP mercredi auprès de leur avocat.

« Au total, ce sont cinq responsables en charge de la jeunesse du parti qui ont été arrêtés » depuis juin, a indiqué leur avocat, Me Emile Suy Bi Gohoré.

Au début du mois de juin, le responsable de la jeunesse rurale du parti, Innocent Yao, a été inculpé pour « atteinte à la sûreté de l’Etat », dans une affaire liée à l’élection présidentielle de 2020, entachée de violences.

Le 2 juillet, Henri Joël-Ndri Kouadio, responsable de la jeunesse du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), chargé des étudiants, a été arrêté pour « troubles à l’ordre public » et placé sous mandat de dépôt, dans une affaire distincte. Selon des propositions rapportées par son avocat, il estime être mis en cause pour avoir appelé dans une vidéo à la mobilisation avant une réunion en mai.

Les deux hommes sont actuellement détenus au Pôle pénitentiaire d’Abidjan (PPA).

Les trois autres militants arrêtés mardi, Kouakou Jean-Paul Djabia, vice-président de la jeunesse du parti, Emmanuelli Blé, secrétaire, et Jean-Philippe Atto, membre du bureau de la jeunesse estudiantine, ont été entendus par la section de recherche de la gendarmerie à Abidjan et sont pour l’heure toujours en garde à vue.

Les circonstances des interpellations ne sont pas connues.

Des arrestations « non justifiées », estime Me Emile Suy Bi Gohoré, qui « constate » qu’elles ont lieu à quelques semaines de l’élection présidentielle, dont le premier tour est prévu le 25 octobre.

« C’est très difficile de ne pas faire un lien avec les élections à venir », assure Me Gohoré.

Dans un communiqué publié mardi, le président du groupe parlementaire PDCI à l’Assemblée nationale, le député Simon Doho, s’est inquiété d’un « projet d’arrestation de plusieurs personnalités politiques », qui serait « en cours de préparation avancée » et pourrait aussi viser des députés, comme Soumaïla Bredoumy, porte-parole du parti.

Ainsi, le groupe parlementaire a appelé « les ennemis de la paix à abandonner définitivement leurs projets funestes ».

Le président du PDCI, Tidjane Thiam, fait parti des quatre figures de l’opposition exclus du scrutin présidentiel, comme l’ancien président et opposant Laurent Gbagbo. Ils ne peuvent ni se présenter à l’élection, ni voter, suite aux décisions de justice.

Face aux partis qui dénoncent une manœuvre politique, le gouvernement ni toute intervention dans les décisions judiciaires.

Contacté par l’AFP, le ministère ivoirien de la Justice n’a pas souhaité répondre aux accusations de l’opposition.

Réveil-Africain.Org/Com Avec AFP

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