Conakry (Guinée) : rendre justice aux femmes, réparer une mémoire brisée ( Par Andrée KEBE, Citoyenne Guinéenne Engagée, Diaspora Lyon-Rhône Alpes-Auvergne).
En 2026, la Guinée ne peut plus se permettre d’ignorer une partie essentielle de son histoire : le rôle central des femmes dans la construction nationale.
Durant la Révolution guinéenne, les femmes ont été des actrices majeures du développement économique, social et culturel. Elles ont dirigé des exploitations agricoles de grande envergure (Ma grand-mère Hadja Ramata Touré – Grande Productrice 150 ha de riz à Kokonfin, vers la source du fleuve Niger), occupé des postes de responsabilité dans l’administration, l’éducation (Mme Aicha Traoré Doyenne emblématique de la Faculté de médecine-pharmacie Hadja Mafory Bangoura de 1975 à 1985, Mme Bintou Cissé – Enseignante et Directrice d’école Matam 1 vers le Petit Moscou jusqu’en 1994 vers, Mme Maguette N’Diaye Etudiante pendant l’agression de 1970 qui s’est engagée spontanément comme militaire défendre la nation guinéenne attaquée, la diplomatie et la gouvernance pour ne citer que celles-là. Leur engagement était fondé sur le mérite, la discipline et le service collectif.

Pourtant, à partir de 1984, une rupture profonde a entraîné une relégation progressive de ces femmes. Beaucoup ont disparu de l’espace public, réduites au silence, parfois à l’humiliation. Cette mise à l’écart a laissé des traces durables : recul de l’émancipation féminine, dévalorisation du travail, fragilisation des repères sociaux.

Cette réalité n’a jamais été véritablement nommée, encore moins réparée. La peur, la violence politique et le déni collectif ont étouffé toute tentative de débat.
Aujourd’hui, la Guinée est face à une responsabilité historique. Reconnaître ces femmes, c’est réconcilier la Nation avec elle-même. C’est transmettre aux jeunes générations une culture du mérite, de l’égalité et du respect.
La reconnaissance du rôle des femmes guinéennes ne relève ni de la nostalgie ni de la revendication idéologique. Elle constitue un levier fondamental pour reconstruire la cohésion sociale et refonder le contrat moral entre l’État et les citoyens.
Une Guinée forte ne peut se bâtir sans ses femmes debout. Le temps est venu de leur rendre justice.
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