Abidjan (Côte d’Ivoire ) : Amnesty demande la libération des personnes détenues depuis la présidentielle.

Par Réveil-Africain.Org Avec AFP.

Amnesty International a appelé mardi les autorités ivoiriennes à libérer des dizaines de personnes, dont des femmes enceintes, arrêtées selon l’ONG « sans fondement » en marge de manifestations interdites pendant la campagne présidentielle d’octobre 2025 et condamnées « inéquitablement ».

Avant que le président Alassane Ouattara ne soit réélu fin octobre pour un quatrième mandat, des manifestations organisées par les partis de l’opposition s’étaient tenues dans le pays, malgré leur interdiction. Plusieurs personnes sont décédées et des centaines ont été arrêtées, notamment pour troubles à l’ordre public.

« Cinq mois après leur arrestation, des personnes sont toujours détenues uniquement parce qu’elles se sont trouvées à proximité des manifestations », a déploré dans un communiqué Marceau Sivieude, directeur régional d’Amnesty pour l’Afrique de l’Ouest.

« Les autorités ivoiriennes doivent ordonner leur libération », at-il exhorté, se disant notamment « très préoccupée » par la situation de trois femmes enceintes, aujourd’hui à un stade avancé de leur grossesse.

Deux d’entre elles, « prises lors de rafles alors qu’elles vaquaient à leurs occupations » selon l’ONG, ont été condamnées à trois ans de prison. Elles ont fait appel.

« Elles se trouvent dans un environnement qui n’est pas propice au bon déroulement d’une grossesse » et sont « très affectées moralement et physiquement », estime leur avocat Sylvain Tapi, cité dans le communiqué.

La troisième, enceinte de sept mois, est elle toujours en détention provisoire.

Par ailleurs, Amnesty regrette que certaines personnes arrêtées -, selon l’organisation, à proximité des manifestations, en se rendant au travail, par exemple – aient été jugées et condamnées sans avoir pu bénéficier d’un avocat.

Accusé de restreindre la liberté d’expression, le pouvoir ivoirien répond qu’il interdit les manifestations qui risquent de troubler l’ordre public.

Mercredi, le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, a assuré que les personnes arrêtées ont « commis des délits » et que la Côte d’Ivoire a travaillé à « la construction d’un Etat de droit ».

Dans son communiqué, Amnesty plaide pour que les procès en première instance et en appel se respectent « au plus vite » et « dans le respect des droits de la défense ».

Malgré un climat politique tendu durant la présidentielle ivoirienne, avec l’exclusion du scrutin des deux principaux dirigeants de l’opposition (l’ex-président Laurent Gbagbo et le banquier international Tidjane Thiam), et une dizaine de morts au cours du processus électoral, le scrutin du 25 octobre s’est globalement déroulé dans le calme sur la majeure partie du territoire.

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