Conakry (Guinée) : l’opposition appelle à boycotter les législatives du 31 mai 2026.

Un collectif regroupant les principaux partis d’opposition et des organisations de la société civile en Guinée a appelé à boycotter les élections législatives et locales du 31 mai, qu’il qualifie d' »entreprise méthodique de confiscation de la souveraineté populaire », selon un document transmis à l’AFP dimanche.

Des élections législatives se tiendront le 31 mai dans ce pays d’Afrique de l’Ouest dirigé d’une main de fer par le président Mamadi Doumbouya, devant ainsi parachever le retour à l’ordre constitutionnel depuis un coup d’Etat en 2021.

« Nous demandons à tous les militants et sympathisants des Forces Vives et ceux des 41 partis illégalement dissous de boycotter tout le reste du processus électoral », indique une déclaration datée de samedi du collectif Les Forces Vives de Guinée, qui constate un « climat de peur profondément alarmant » dans le pays.

Depuis la prise de pouvoir de M. Doumbouya, plusieurs partis politiques ont été suspendus, les manifestations – interdites depuis 2022 – sont réprimées et de nombreux dirigeants de l’opposition et de la société civile ont été arrêtés, condamnés ou poussés à l’exil.

Les disparitions forcées et enlèvements des voix dissidentes et de leurs proches se sont également multipliés.

En dépit de sa promesse de rendre le pouvoir à des civils au terme d’une période de transition, le général Mamadi Doumbouya a été élu président le 28 décembre dernier, lors d’une élection taillée sur mesure pour lui, sans opposant d’envergure.

« Les Forces Vives de Guinée constatent, avec une gravité extrême, l’effondrement délibéré du cadre politique et électoral censé conduire au retour à l’ordre constitutionnel », indique le document daté de Paris, la plupart des cadres de l’opposition vivant désormais en exil.

Le collectif refuse « de qualifier d’+élection+ ce qui relève manifestement d’une procédure de légitimation unilatérale. Il s’agit, en réalité, d’une entreprise méthodique de confiscation de la souveraineté populaire », poursuit le texte.

Le groupe interpelle également la communauté internationale, « en particulier la France », à propos de la « gravité de la situation actuelle »: « Reconnaître, soutenir ou accompagner le processus en cours, dans sa configuration actuelle, reviendrait, de facto, a entériner l’instauration progressive d’un régime autoritaire ».

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