Paris (France) : « Métiers en tension » : le gouvernement veut « améliorer l’efficacité » du renouvellement des cartes de séjour.

Le gouvernement souhaite « améliorer l’efficacité » du dispositif de régularisation des étrangers en situation irrégulière travaillant dans les métiers dits « en tension », a indiqué jeudi à l’AFP le ministère de l’Intérieur, confirmant une information de Mediapart.

Le sujet a été discuté le 26 mai entre le ministère de l’Intérieur, celui du Travail et des Solidarités, les syndicats et le patronat, alors que la circulaire Retailleau, en vigueur depuis le 23 janvier 2025, et qui avait recentré les régularisations par le travail sur les métiers en tension (en particulier le BTP, la santé et action sociale et hôtellerie-restauration), arrive à son terme fin 2026.

Le but est « d’améliorer l’efficacité du renouvellement des cartes de séjour pour les métiers en tension », explique l’Intérieur, via une « augmentation des effectifs (qui) permettra de réduire les délais de traitement, en passant de 100 jours à 50 jours ».

Selon le ministère de l’Intérieur, « les partenaires sociaux sont alignés sur ce sujet : nous faisons du pragmatisme et nous répondons à des besoins précis et concrets, à la fois pour les entreprises et pour les salariés ».

Le ministère du Travail envisage « à la demande des acteurs de terrain, (de) pérenniser un dispositif de régularisation par le travail via une circulaire ».

En 2025, un total de 1.655 titres de séjour ont été délivrés aux étrangers dans des secteurs peinant travailleurs à recruter, selon des données mentionnées par le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez dans un télégramme aux préfets.

Selon la liste mise à jour en mai 2025, environ 80 métiers sont fermés comme « en tension », permettant aux travailleurs sans-papiers de ces secteurs de prétendre à un titre de séjour (s’ils justifient de douze mois de bulletins de salaire au cours de vingt-quatre derniers mois et de trois ans de résidence en France).

Cette disposition permet également à des patrons ayant des difficultés à recruter de garder leurs employés et d’écarter le risque d’une condamnation, l’emploi d’une personne en situation irrégulière étant passible d’une peine allant jusqu’à 30.000 euros d’amende et cinq ans d’emprisonnement.

« Des entreprises nous disent clairement que, sans ces dispositifs, elles se retrouveraient du jour au lendemain en grande difficulté, contraintes parfois de renoncer à des contrats pour survivre », souligne le ministère de l’Intérieur.

Citée par Mediapart, une voix patronale ayant participé à la réunion souligne que « le dispositif actuellement en place n’est pas opérationnel et présente beaucoup de défauts. On s’est tous retrouvés sur ce constat ».

Une représentante syndicale indique de son côté que « la vision du patronat est utilitariste. Mais même si ce n’est pas pour les mêmes raisons, on se retrouve pleinement pour dresser le constat d’échec de cette mesure ».

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