Nairobi (Kenya ) : La société africaine de véhicules électriques Spiro accusée de torturer des employés ougandais.
Par Réveil-Africain.Org Avec AFP.
Mardi, quatre employés de Spiro, la principale entreprise africaine de motos électriques, ont accusé des responsables de l’entreprise en Ouganda de les avoir sévèrement battus en guise de punition pour leurs mauvaises performances.
L’Ordre des avocats de l’Ouganda a déposé une plainte dans laquelle les quatre personnes affirment avoir été convoquées dans les bureaux de Spiro à Kampala, la capitale, le 8 juin, où un groupe de cadres supérieurs a commencé à les « battre, les rouer de coups et les fouetter ».
« Les victimes ont subi des blessures, notamment des lacérations, des contusions et des traumatismes psychologiques », a-t-on indiqué, ajoutant que ces sévices s’apparentaient à de la torture.
Le groupe était sanctionné pour « mauvaise gestion » des échanges de batteries pour les motos Spiro, ce qu’ils ont nié.
Ils ont été enfermés dans une pièce pendant plusieurs heures et forcés de rédiger des aveux, avant d’apprendre qu’ils étaient licenciés, selon la plainte déposée auprès de la Commission ougandaise des droits de l’homme.
Leur avocat, Jjumba Anthony, a déclaré qu’il ne s’agissait pas d’un cas isolé.
« Cela arrive souvent, mais les gens ont peur de témoigner à cause des intimidations », a-t-il déclaré à l’AFP par téléphone.
L’une des plaignantes a déclaré à l’Ordre des avocats de l’Ouganda qu’elle avait été emmenée de force dans une pièce située derrière l’entrepôt de l’entreprise, où elle a trouvé des collègues battus et certains inconscients.
« Un jeune homme gisait au sol. Sa chemise était déchirée et il semblait avoir été violemment battu… Les hommes tenaient des câbles électriques et des bâtons », a-t-elle déclaré, selon un récit publié en ligne par le Barreau.
« Je porte encore les stigmates de l’agression. J’ai été blessée à différents endroits du corps, notamment au dos et aux fesses. La douleur était intense et a duré des semaines », a déclaré une autre plaignante.
Une vidéo visionnée par l’AFP montre l’un des plaignants, portant encore son T-shirt Spiro, tandis que des responsables présumés lui crient dessus et le frappent à la tête.
Le 22 juin, des cadres supérieurs ont enlevé l’un des membres du groupe à son domicile, où ils « l’ont battu, maltraité et jeté dans l’un des deux véhicules de l’entreprise qui étaient venus, puis l’ont emmené vers une destination inconnue », ajoute la plainte.
Il est sorti le lendemain d’un poste de police, sans qu’aucune charge n’ait été retenue contre lui.
Spiro a déclaré à l’AFP qu’elle « applique une politique de tolérance zéro à l’égard de la torture, du harcèlement et de toute autre violation des droits de l’homme.
« Nous prenons ces allégations très au sérieux et avons lancé une enquête interne. Spiro Uganda coopère pleinement avec les autorités compétentes afin de garantir une enquête équitable, indépendante et conforme à la loi », a-t-il ajouté.
Le marché des motos électriques a explosé en Afrique de l’Est, une croissance encore accentuée par la guerre au Moyen-Orient cette année, qui a fait grimper les prix du carburant.
Spiro domine actuellement le marché et affirme avoir vendu environ 100 000 deux-roues à travers le continent.
Ses concurrents l’accusent de pratiques commerciales irrégulières, notamment d’avoir obtenu des avantages fiscaux illégaux au Kenya et d’avoir inondé le marché de vélos avant même que l’infrastructure de batteries ne soit en place pour supporter la demande.
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