Bissau (Guinée-Bissau) : le chef de la junte appelle une unité de militaires proche de l’ancien président déchu à rendre les armes.
Par Réveil-Africain.Org Avec AFP.
Le chef de la junte au pouvoir en Guinée-Bissau, le général Horta N’Tam, a appelé mercredi les éléments de la garde présidentielle, réputée proche de l’ex-président déchu Umaro Sissoco Embalo, à « rendre les armes (…) de manière volontaire », lors d’une cérémonie à Bissau mercredi.
La Guinée-Bissau est dirigée depuis le 26 novembre 2025, veille de l’annonce prévue des résultats provisoires des élections présidentielle et législatives, par des militaires qui ont renversé le président sortant Umaro Sissoco Embalo et suspendu le processus électoral.
De nombreux observateurs ont soupçonné à l’époque M. Embalo d’avoir orchestré le coup d’État pour arrêter le processus électoral qu’il semblait perdre mais la junte a récemment pris plusieurs mesures indiquant prendre ses distances avec l’ancien président.
La junte est censée organiser le 6 décembre des élections présidentielle et législatives, qui doivent acter le retour au pouvoir des civils.
Fin septembre, M. Embalo a annoncé à l’AFP qu’il s’apprêtait à rentrer en Guinée-Bissau et qu’il serait candidat à la présidentielle de décembre.
Mais quelques jours avant son retour annoncé, la junte a fait savoir que les « conditions de sécurité » n’étaient pas réunies.
Il s’en est suivi des rumeurs de mécontentement au sein de la garde présidentielle, réputée loyale à M. Embalo.
Dans la foulée, plusieurs éléments de ce corps ont été désarmés et placés sous contrôle au siège de l’état-major.
« C’était une structure mal organisée installée au Palais », a affirmé le président de transition, assurant qu’aucun d’entre eux n’a été chassé des forces armées.
Toutefois, le chef de l’État a lancé mercredi un appel aux éléments de cette structure qui n’ont pas encore rendu leurs armes, à le faire « de manière volontaire, le plus rapidement possible ».
Une commission a été mise en place pour récupérer tous les matériels de guerre affectés aux éléments de la garde présidentielle dans le cadre de leur mission.
« C’est le moment de rendre les armes pour ceux qui les détiennent encore à la maison. Gare à ceux qui refusent d’obéir », a-t-il déclaré.
« Le général, qui prend ses distances avec l’ancien président Embalo, veut rester au centre du jeu », analyse un diplomate africain en poste à Bissau.
« On se demande même si les élections pourront avoir lieu en décembre. Un report est possible », poursuit cette source.
La Guinée-Bissau, pays lusophone côtier d’Afrique de l’Ouest situé entre le Sénégal et la Guinée (Conakry), avait, avant le coup d’État du 26 novembre 2025, déjà connu quatre coups d’État et une kyrielle de tentatives de putsch depuis son indépendance du Portugal.
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