Kinshasa (RD Congo) : le nombre de blessés dans les conflits augmente tandis qu’Ebola progresse dans l’est, selon le CICR.

Par Réveil-Africain.Org Avec AFP.

Le nombre de blessés de guerre a augmenté de 30% dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) depuis la déclaration d’une épidémie d’Ebola, a déclaré le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) dans un communiqué publié mardi.

La RDC a déclaré le 15 mai une épidémie d’Ebola, la 17e dans ce vaste pays d’Afrique centrale de plus de 100 millions d’habitants, dont les provinces orientales sont en proie à des conflits depuis trente ans.

Du 15 mai au 15 juin, les hôpitaux soutenus par le CICR dans l’est congolais ont « enregistré un total de 303 blessés, soit une hausse d’environ 30% des admissions », par rapport au mois précédent, selon le CICR.

La majeure partie de ces blessés a été recensée dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu (est), où des cas d’Ebola ont été signalés. L’épicentre de l’épidémie se situe dans la province proche de l’Ituri (nord-est).

« La crise sanitaire » provoquée par Ebola « n’a pas freiné les urgences médicales liées aux conflits. Bien au contraire, nos équipes chirurgicales sont constamment sous pression, avec des admissions continues de blessés par armes », a alerté Moussa Badji, coordinateur médical du CICR en RDC cité dans le communiqué.

Le Nord-Kivu et le Sud-Kivu sont en proie depuis 2021 à la résurgence du groupe armé antigouvernemental M23 soutenu par Kigali, et s’est emparé de vastes pans de territoire, dont les grandes villes de Goma et Bukavu début 2025.

Selon le CICR, plus de la majorité des blessés recensés l’ont été dans des hôpitaux de la province du Sud-Kivu, « signe d’une intensification des hostilités dans la région des Hauts-Plateaux », une zone où aucun cas d’Ebola n’a été officiellement signalé jusqu’à présent.

De violents affrontements opposent depuis plusieurs jours l’armée congolaise et le M23, chacun appuyé par des milices locales, dans les environs des localités de Minembwe et Mikenge, situés dans les Hauts Plateaux du Sud-Kivu, selon des sources locales et sécuritaires.

Les drones sont de plus en plus utilisés par les belligérants des deux camps.

Quelque « 18 % des patients pris en charge dans les hôpitaux soutenus par le CICR sont victimes de blessures causées par des explosions », indique l’organisation.

Plus au nord, les Forces démocratiques alliées (ADF), un groupe armé lié à l’Etat islamique, multiplient les massacres dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.

L’Ituri est également en proie à un conflit communautaire meurtrier, et près d’un million de personnes y ont été déplacées par les violences.

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