Conakry (Guinée) : un collectif dénonce des « menaces » contre l’épouse d’un journaliste disparu.
Par Réveil-Africain.Org Avec AFP.
Le collectif « Tournons la page-Guinée » (TLP-Guinée), un mouvement citoyen, a alerté contre ce qu’il qualifie de « menaces graves » contre l’épouse du journaliste guinéen Habib Marouane Camara, disparu depuis décembre 2024, dans un communiqué reçu par l’AFP lundi.
« La Coordination de TLP-Guinée alerte sur les menaces graves dont fait l’objet Mme Mariama Lamarana Diallo, épouse du journaliste Habib Marouane Camara, enlevé par l’Etat depuis un an et 6 mois », affirme le collectif.
M. Camara, qui dirige le site Lerevelateur224, a disparu depuis décembre 2024 après avoir été enlevé à Conakry par des hommes en uniforme. Ses proches restent sans nouvelles de lui.
Début juin, le prix Mohamed Maïga du journalisme d’investigation, décerné par l’association Mohamed Maïga en collaboration avec l’ONG Reporters sans frontières (RSF), avait été remis à Habib Marouane Camara.
« Trois semaines après » la remise de ce prix, son épouse « a reçu des appels nocturnes à numéro masqué et a été filmée par un inconnu dans sa boutique avant que ce dernier ne rejoigne une voiture stationnée », explique le collectif.
« Ces actes ont poussé Mme Diallo (…) à craindre pour sa vie », ajoute le communiqué.
« Cibler l’épouse d’un journaliste, c’est viser la liberté d’informer et tenter de faire taire par la peur », estime le collectif, qui ajoute: « le silence face à ces intimidations équivaudrait à une complicité passive ».
Tournons la page-Guinée « exhorte le gouvernement guinéen à garantir immédiatement la sécurité physique de Mme Mariama Lamarana Diallo et de ses enfants mineurs », martelant que la protection des familles de journalistes est un « test de crédibilité de la gouvernance en cours ».
En Guinée, le général Mamadi Doumbouya a été élu président pour un mandat de sept ans en décembre dernier, après avoir pris le pouvoir par la force en septembre 2021.
Il a été élu malgré sa promesse initiale de rendre le pouvoir à des civils au terme d’une période de transition. Ce scrutin présidentiel taillé pour lui s’est tenu sans adversaire d’envergure.
Depuis sa prise de pouvoir, plusieurs partis politiques ont été suspendus, les manifestations – interdites depuis 2022 – sont réprimées et de nombreux dirigeants de l’opposition et de la société civile ont été arrêtés, condamnés ou poussés à l’exil.
Les disparitions forcées et enlèvements des voix dissidentes et de leurs proches se sont également multipliés.
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