Paris (France ) : Frais plus élevés pour les étudiants étrangers: des présidents d’universités sceptiques.
Par Réveil-Africain.Org Avec AFP.
Plusieurs présidents d’université ont partagé mardi leur scepticisme voire leur opposition au projet du gouvernement d’augmenter les droits d’inscription pour les étudiants étrangers extracommunautaires, interrogés par une commission d’enquête sénatoriale.
« Dans nos laboratoires de recherche, 50% d’étudiants sont étrangers (…) On fait des bourses d’excellence pour accueillir des étudiants dans nos graduate schools pour qu’ils viennent dès le master pour faire leur doctorat ensuite », a souligné le président de l’université Paris Cité, Edouard Kaminski, devant les sénateurs de la commission « sur la capacité des universités françaises à garantir l’excellence académique ».
Augmenter leurs frais « n’aurait pas de sens » et serait « contradictoire », a-t-il soutenu.
Autre argument selon lui: le « sujet de soft power de la France ». « Il y a quand même la problématique de la formation des élites africaines (…) Il ne faut pas s’étonner que l’Afrique se détourne de la France, rentre dans le giron d’influence de la Chine et de la Russie, si en plus, nous, on tourne le dos à la formation des élites africaines ».
« Notre université a les moyens d’aller chercher des ressources propres ailleurs », a-t-il assuré, se disant également opposé à l’augmentation des frais d’inscription pour tous les étudiants, quelle que soit leur nationalité.
Dans le cadre d’un nouveau plan baptisé « Choose France For Higher Education », le ministre de l’Enseignement supérieur Philippe Baptiste a annoncé le 20 avril vouloir faire appliquer strictement les droits d’inscription différenciés pour les étudiants extracommunautaires dans les universités françaises, instaurés en 2019 mais jusqu’ici peu effectifs.
La majorité des étudiants non ressortissants de l’Union européenne devront ainsi s’acquitter de droits d’inscription fixés à 2.895 euros par an en licence, contre 178 euros aujourd’hui, et 3.941 euros en master, contre 254 euros. Le décret n’est pas encore publié.
Pour le président de l’université de Rennes, David Alis, les frais différenciés « ne constituent pas une solution structurelle au sous-financement » et « cela peut aller à contre-courant de la politique d’attractivité dont nous avons besoin. »
« Ce qui nous permet d’être à flot dans mon université qui n’a pas de problème financier actuellement, c’est l’apprentissage », a insisté le président de l’université de Haute Alsace, Pierre-Alain Muller, appelant à « protéger cette ressource ».
Après une première journée de manifestation qui a rassemblé quelques centaines de personnes le 12 mai, une intersyndicale appelle à une nouvelle mobilisation le 26 mai.
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