Freetown (Sierra Leone ) : La Sierra Leone accueille des migrants expulsés des États-Unis.

Par Réveil-Africain.Org Avec AFP.

La Sierra Leone est devenue mercredi le dernier pays africain à accueillir des migrants expulsés des États-Unis dans le cadre de la politique d’immigration restrictive du président Donald Trump.

Un premier avion transportant neuf migrants ouest-africains a atterri mercredi matin à l’aéroport international situé juste à l’extérieur de Freetown, a constaté un journaliste de l’AFP.

« Nous avons reçu neuf personnes expulsées ce matin des États-Unis », a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Timothy Musa Kabba, à l’AFP, après avoir initialement annoncé l’arrivée de 25 migrants.

Selon les autorités, les personnes expulsées sont originaires du Nigeria, du Ghana, de Guinée et du Sénégal.

Des policiers, des médecins et des représentants du gouvernement étaient présents à l’aéroport pour les accueillir, a rapporté un journaliste de l’AFP.

Sept hommes et deux femmes, la tête baissée, ont été vus montant à bord d’un minibus devant l’aéroport sous escorte policière.

« Tous étaient traumatisés par les mois passés enchaînés lors de leur détention aux États-Unis », a déclaré Doris Bah, une responsable du ministère de la Santé présente sur place. La plupart d’entre eux, a-t-elle indiqué à l’AFP, souhaitaient rentrer dans leur pays d’origine.

« Certains des expulsés ont été arrêtés dans la rue et sur leur lieu de travail, tandis qu’un autre a été arrêté alors qu’il jouait au football aux États-Unis », a déclaré Bah. Ils seront logés dans un hôtel et devraient rentrer dans leur pays d’ici deux semaines au plus tard, a-t-elle ajouté.

« Transactions opaques » :

Les autorités de Freetown ont accepté d’accueillir jusqu’à 300 personnes par an expulsées par les États-Unis, mais uniquement en provenance des États membres de la CEDEAO, le bloc économique ouest-africain.

« Nous accueillons ces personnes expulsées parce qu’elles viennent d’Afrique de l’Ouest, et certaines d’entre elles sont titulaires de permis de séjour sierra-léonais obtenus il y a de nombreuses années », a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Timothy Musa Kabba, à l’AFP par téléphone mardi soir. « Ils ont le droit de séjourner dans le pays pendant 90 jours et peuvent ensuite retourner dans leur pays d’origine », a-t-il ajouté.

Les États-Unis fournissent 1,5 million de dollars pour soutenir le programme « afin de couvrir les coûts humanitaires et opérationnels liés à cet accord », selon un document du ministère des Affaires étrangères consulté par l’AFP.

Freetown n’a pas précisé si d’autres concessions avaient été accordées.

Interrogé mercredi sur les expulsions vers la Sierra Leone, un porte-parole du département d’État américain a déclaré que l’évacuation des migrants du territoire américain était une « priorité absolue », sans expliquer pourquoi ce pays d’Afrique de l’Ouest avait été choisi ni quelles incitations avaient été offertes.

La Sierra Leone est le dernier pays africain en date à avoir accueilli des personnes expulsées des États-Unis, après le Cameroun, la République démocratique du Congo, la Guinée équatoriale, l’Eswatini, le Ghana, le Rwanda et le Soudan du Sud.

En contrepartie, Washington apporte un soutien financier et logistique.

Certains pays, comme la République démocratique du Congo, ont accueilli des migrants venus d’autres continents, notamment d’Amérique latine.

Human Rights Watch, exhortant les nations africaines à rejeter ces accords, a affirmé en septembre que ces « accords opaques » s’inscrivaient dans « une approche politique américaine qui violait le droit international des droits de l’homme ».

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